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10 histoires insolites que vous ne connaissez (probablement) pas sur Grenoble

10 histoires insolites que vous ne connaissez (probablement) pas sur Grenoble

On croit connaître Grenoble : les massifs qui l'encerclent, la Bastille qui domine la ville, le centre historique et ses ruelles. Pourtant, derrière cette carte postale se cachent des dizaines d'histoires que même des Grenoblois de toujours ignorent. Un canard mécanique capable d'imiter la digestion, deux hommes coincés au sommet d'une tour pendant toute la durée d'un banquet, une fée prisonnière d'une grotte...

Chaque histoire sélectionnée par Kapsul raconte l'une de ces anecdotes à l'endroit exact où elle s'est déroulée, dans vos écouteurs, pendant que vous marchez. En attendant de les écouter sur place, voici un avant-goût de dix d'entre elles.

1. Un éléphant plus vrai que nature

Devant le Museum de Grenoble, une éléphante de métal monte la garde depuis plus de 40 ans. Son nom : Eulalie. Ce que peu de visiteurs savent, c'est que sous sa carapace se cache un vrai animal, mort depuis 1877 ! Le premier conservateur du musée avait une obsession : offrir à Grenoble un éléphant digne de ce nom. Les premières négociations portaient même sur l'un des éléphants du zoo de Paris que les habitants affamés avaient envisagé de manger pendant le siège de 1870. L'affaire capote, mais l'animal finit tout de même par arriver. En deux colis : la peau d'abord, le squelette ensuite. Il faudra attendre un siècle et une rénovation ratée pour qu'on lui trouve enfin un prénom, entendu un soir à la radio.

2. Le canard mécanique qui digérait (presque)

En 1739, dans un atelier grenoblois, l'inventeur Jacques de Vaucanson donne vie à l'une des plus grandes supercheries mécaniques du siècle : un canard capable de manger, de digérer, et de faire ses besoins comme un vrai. L'Europe entière s'extasie, Voltaire lui-même s'en mêle. Il faudra attendre plus d'un siècle pour qu'un illusionniste chargé de le réparer découvre le vrai mécanisme caché derrière la prétendue digestion, un tour de magie plutôt qu'une prouesse scientifique. Le canard finira sa vie dans un musée polonais, en grande partie détruit par un incendie.

3. Coincés en haut de la tour, oubliés du banquet

Le jour de l'inauguration officielle de la tour Perret, en septembre 1925, deux mille visiteurs montent admirer la vue à soixante mètres de hauteur. Parmi eux, un ancien chef du gouvernement et un député. Vient l'heure du banquet : tout le monde redescend. Sauf les deux hommes, restés bloqués dans l'ascenseur entre deux étages, sans que personne ne s'en aperçoive. Pendant que la fête bat son plein en bas, ils patientent, suspendus dans le vide, dans une tour toute neuve qui n'a encore aucune procédure pour ce genre de pépin.

4. Les coiffeurs qui ont sauvé le téléphérique

En 1935, le tout nouveau téléphérique de la Bastille est une prouesse technique... que personne n'utilise. Pour convaincre toute une ville de monter dans une cabine suspendue au-dessus du vide, la régie a une idée aussi simple qu'efficace : offrir des billets gratuits à tous les coiffeurs de Grenoble. Le calcul est habile. Un salon de coiffure, c'est l'endroit où l'on reste assis, où l'on ne peut pas s'échapper, et où circulent tous les derniers ragots de la ville. Le bouche-à-oreille fait le reste, quatre-vingt-dix ans avant l'invention du marketing d'influence.

5. Grenoble-Paris en 55 minutes, un record jamais battu

En juillet 1965, un petit avion sept places décolle de l'ancien aéroport de Grenoble avec cinq passagers à bord. Cinquante-cinq minutes plus tard, il se pose au Bourget, à Paris. Un temps de vol jamais égalé depuis sur cette ligne. Derrière ce record, une bande de passionnés de vol en montagne réunis en 1963 à Grenoble, qui connaissaient chaque relief des Alpes mieux que quiconque et qui, sans radar moderne, ont fini par pulvériser un temps de vol entre les Alpes et la capitale.

6. Le jardin le plus fou de Grenoble

Aujourd'hui, le Jardin des Dauphins respire le calme. Pourtant, en 1785, un négociant fortuné y fait construire une maison romaine délirante : bibliothèque immense, serres chauffées où poussent orangers et bananiers, et même un singe installé dans le jardin pour épater les invités. Les Grenoblois surnomment l'endroit « le château de la folie ». Une seule de ses fêtes réunira vingt-cinq mille personnes et trois mille lampions. Puis vient la Révolution : le propriétaire cède son domaine à temps pour garder la tête sur les épaules, et le château disparaît complètement. Aucune trace, aucune fondation n'a jamais été retrouvée. Quelque part sous les terrasses actuelles, il y a peut-être encore une bibliothèque enterrée.

7. L'homme guillotiné deux fois

En 1807, un jeune homme de 25 ans est condamné à la peine capitale sur une place de marché grenobloise. Ce jour-là, le bourreau habituel est malade et se fait remplacer par son domestique, à qui l'exécution n'a jamais été confiée. Le couperet tombe... et se bloque, n'entaillant à peine le cou du condamné. Le bourreau improvisé panique, tente d'achever l'exécution à la main, échoue, puis prend la fuite. Rattrapé et roué de coups par la foule, il en mourra quelques jours plus tard. Le condamné, lui, survit ce jour-là. Son exécution n'aura lieu que quelques semaines plus tard, à Chambéry.

8. La chapelle des Templiers oubliée d'Échirolles

Au pied d'une résidence toute récente d'Échirolles se cache une chapelle du XIIIe siècle, bâtie par des moines-soldats de l'ordre du Temple venus défricher la plaine marécageuse alentour. Modeste, construite en galets de rivière, elle a traversé huit siècles, la dissolution de l'ordre, et des décennies d'abandon. Envahie par la végétation, elle sera
attaquée par les racines au point de manquer disparaître. Sauvée in extremis par une restauration municipale, elle n'a même pas de nom officiel : les habitants du quartier passent devant sans toujours savoir ce qu'elle est vraiment.

9. La fée prisonnière des Cuves de Sassenage

Sous les Cuves de Sassenage gronde une rivière souterraine, et une légende tenace avec elle : celle de Mélusine, fée mi-femme mi-poisson mariée au seigneur du château voisin. Chaque samedi, son corps se transformait, et elle venait se baigner en secret dans ces grottes. Jusqu'au jour où son mari la surprend et découvre son secret. Depuis, dit-on, elle reste prisonnière des lieux, et ses pleurs annoncent, trois jours à l'avance, la mort d'un membre de la famille. Ses larmes, changées en pierres, servaient autrefois à soigner les yeux ; et chaque année, les paysans venaient vérifier le niveau de l'eau des cuves pour prédire la récolte à venir.

10. Le livre enchaîné qui protégeait les libertés de la ville

Pendant deux siècles, chaque vendredi après-midi, les quatre consuls de Grenoble se réunissaient dans une tour au bord de l'Isère, devant un livre immense relié en cuir et attaché au mur par une chaîne de fer. À l'intérieur : toutes les libertés arrachées aux évêques et aux princes du Dauphiné, dont une exemption des péages sur les ponts qui a fait économiser une fortune à des générations de marchands. Un vol ou une page arrachée, et la ville perdait ses droits pour toujours : d'où la chaîne. Le Livre de la Chaîne existe encore aujourd'hui, conservé aux Archives Municipales, tandis que la tour qui l'abritait a servi tour à tour d'arsenal, de logement d'officiers, et même de pigeonnier militaire pour trois cents pigeons.

Ces dix histoires ne sont qu'un échantillon du corpus Kapsul sur Grenoble et sa région. Pour les vivre pleinement, là où elles se sont vraiment passées, direction l'application Kapsul, disponible sur iOS et Android.

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